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Hokusai naît dans le quartier de
Warigesui,
district de Honjō (zone rurale encore connue sous le nom de Katsushika)
à Edo, le 9e
mois de la 10e
année de la période Horeki (octobre-novembre,
1760) de parents inconnus. Il est adopté vers
l'âge de trois ou quatre ans par une famille d'artisans. Son
père adoptif, Nakajima Ise, est un fabricant de miroirs pour
la cour du shogun. Hokusai, alors appelé Tokitanō, manifeste
dès lors des aptitudes pour le dessin et de la
curiosité pour la peinture.
En 1773-1774, il est en apprentissage dans un
atelier de
xylographie et en 1775 il grave lui-même les six
dernières
feuilles d'un roman humoristique de Sanchō.
En 1778, il intègre l'atelier du maître Katsukawa Shunsho (1726-
1792), un peintre d'estampes ukiyo-e,
spécialiste des portraits d'acteurs. C'est dans cet atelier
que commence son travail d'artisan du dessin et de l'estampe aux
revenus modestes. L'année suivante, il produit sous le nom
de Katsukawa Shunrō une série de ces portraits
très réussis. Il quitte cependant
l’atelier à la mort du maître du fait de
désaccord avec son successeur Shunko.
Hokusai connaît alors une
période de grande pauvreté durant laquelle il
étudie les techniques des écoles de Kano Yusen, Tsutsumi
Torin et Sumiyoshi Naiki.
Il subit aussi l’influence de l’art
occidental et découvre la perspective
grâce à un artiste japonais, Shiba
Kokan, qui fréquente les Hollandais, seuls
autorisés à amarrer à Nagasaki.
Vers 1794, il réintègre une
école classique : le clan Tawaraya de la tradition
Rimpa. En 1795, il illustre sous le nom de Sōri le recueil
poétique Kyōka Edo no Murasaki qui lui
vaut son premier succès. De 1796 à 1799 il
produit un grand nombre d'albums et d’estampes en feuilles
séparées appelées surimono.
C'est à la même époque qu'il adopte
pour la première fois le nom de Hokusai et se donne en 1800
le surnom de Gakyōjin Hokusai,
« le Fou de dessin ». En 1804, il
peint, dans la cour du temple d’Edo, au moyen d’un
balai et d’un seau d’encre de Chine, un daruma
géant de plus de 240 m² que l’on
doit hisser jusqu’aux toits pour permettre à
l’assistance de l’admirer. Il
réitère cet exploit en 1817 à Nagoya.
En 1812, Hokusai commence à parcourir
le pays, de l’ancienne capitale Kyōto à la ville
nouvelle de Edo. Il s’arrête à Nagoya,
où il rencontre Bokusen,
un autre artiste. Suivant les conseils de ce dernier, il publie deux
ans plus tard sa Manga : recueils de ses
innombrables carnets de croquis, d’études
originales et marginales. La publication de cette série de
livres d’images s'étend jusqu'en 1834 et comprend
douze volumes.
Âgé de soixante ans, Hokusai
prend le nom de Iitsu pour signifier son passage dans un nouvel
âge et s'adonne à cette période
à l'illustration de livres.
1831 voit la parution d’une de ses
œuvres majeures, la série d’estampes Fugaku
Sanjūrokkei ou Trente-six vues du mont Fuji,
qui lui vaut une reconnaissance mondiale. Il se sert alors du bleu de
Prusse, introduit au Japon en 1829 et dont Kesai
Eisen avait déjà tiré
profit. Il produit dans la même période plusieurs
séries d’estampes qui rompent toutes avec la
tradition de l’ukiyo-e. C’est
ainsi au début des années 1830 que voient le jour
les séries des Cascades, des Ponts,
des Oiseaux et des Fantômes
(cette dernière interrompue à la fin de la
cinquième planche).
Il quitte Edo fin 1834 pour passer une
année à Suruga
dans la péninsule de Miura au sud d’Edo et publie
l’année suivante sa série Fugaku
Hyakkei ou les Cent Vues du Mont Fuji,
qui reprend au trait tout son travail sur le paysage.
Vers le milieu de 1836, il retourne à
Edo alors que la capitale connaît
l’année de la Grande Famine. Il survit
grâce à la vente de ses œuvres contre un
peu de nourriture et arrête sa série de Cent
Poètes et Poèmes, commencée
au début de l’année, à la
vingt-septième planche.
En 1839, un incendie vient dévaster son
atelier, emportant avec lui les travaux accumulés des
dernières années. Les dix années qui
suivent furent paisibles en matière de production. On
raconte que, chaque matin, il s’efforçait de
produire au moins un dessin, rituel auquel il s’adonna
jusqu’à sa mort.
C'est en 1845 qu'il fait son dernier voyage
à la rencontre d’un ami de la province de Shinano.
Il exécute au cours de cette visite quelques peintures dans
un temple.
Il meurt le 10 mai 1849 et ses cendres sont
ensevelies au temple Keikiōji, dans le quartier populaire
d’Asakusa, à Edo, où il avait
passé la majeure partie de sa vie. Il laisse
derrière lui une œuvre qui comprend
30 000 dessins.
Ses dernières paroles sont :
« Encore cinq ans et je serais devenu un grand
artiste. »
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